Qu’est-ce que la phobie scolaire ?
La « phobie scolaire » correspond à une incapacité à se rendre à l’école en raison d’une angoisse profonde. Aujourd’hui, le terme de « refus scolaire anxieux » est privilégié, car la peur n’est pas toujours directement liée à l’école elle-même et peut notamment cacher une angoisse de séparation. Le jeune résiste alors à l’environnement scolaire avec une anxiété pouvant aller jusqu’à la panique. Ce trouble concernerait environ 1 % des enfants.
Le refus scolaire anxieux ne doit pas être confondu avec l’absentéisme scolaire. Dans ce dernier cas, l’élève ne présente pas d’anxiété majeure et peut continuer à participer à des activités extérieures avec ses camarades. À l’inverse, le jeune en refus scolaire anxieux ressent une souffrance psychologique et physique authentique et se retrouve souvent isolé à la maison.
Quels sont les symptômes ?
Les manifestations du refus scolaire anxieux évoluent selon l’âge et le stade de développement du jeune :
– En maternelle, l’angoisse de séparation domine. L’enfant peut craindre qu’il arrive quelque chose à ses parents et présenter des crises de panique, des troubles du sommeil, des cauchemars ou certaines régressions, comme le fait de faire à nouveau pipi au lit.
– À l’école primaire, entre 6 et 11 ans, l’anxiété se mentalise davantage mais reste physique : maux de ventre les jours d’école, visites fréquentes à l’infirmerie, baisse des résultats ou isolement à la récréation.
– Au collège, l’angoisse peut prendre la forme d’une peur du jugement des autres, de pensées négatives sur soi, de retards, d’absences ou de crises avant les évaluations.
– Au lycée, le refus peut devenir chronique, avec une déscolarisation progressive, une inversion du rythme veille-sommeil et un repli sur les écrans. Ce dernier est alors une conséquence, et non une cause, du décrochage..
Les symptômes peuvent également prendre la forme de maux de ventre, nausées, maux de tête ou crises de panique. Ils peuvent s’apaiser pendant les vacances et les week-ends avant de réapparaître brutalement le dimanche soir ou à l’approche de la rentrée.
Les causes et facteurs de risque
Les causes du refus scolaire anxieux sont complexes et multiples. Il peut notamment être associé à des antécédents de harcèlement scolaire, à des difficultés d’apprentissage, à des troubles neurodéveloppementaux non diagnostiqués ou encore à un épisode dépressif.
Dans certaines situations, l’enfant peut également être inquiet pour un parent malade ou rencontrant des difficultés à la maison, rendant la séparation plus difficile. L’école peut alors cristalliser ces angoisses puisqu’elle représente un moment de passage et d’autonomisation obligatoire dans notre société.
Comment est posé le diagnostic ?
L’évaluation repose sur des échanges avec le jeune et sa famille afin de comprendre la nature de l’angoisse, son ancienneté, son intensité et ses conséquences sur la vie quotidienne et la scolarité. Elle permet également de rechercher d’éventuelles difficultés associées.
Le médecin traitant, un pédopsychiatre ou une structure spécialisée comme un Centre Médico-Psychologique (CMP) peut être sollicité. Une collaboration avec l’établissement scolaire peut également être nécessaire pour mieux comprendre la situation et préparer un accompagnement adapté.
Quels sont les traitements et soins possibles ?
La prise en charge repose sur un accompagnement progressif du jeune et sur une collaboration étroite avec l’équipe éducative et l’infirmière scolaire.
Des aménagements scolaires peuvent être mis en place afin de favoriser une réintégration progressive de l’élève. Ils peuvent notamment prendre la forme de programmes adaptés, d’un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) ou d’une Équipe de Suivi de la Scolarisation (ESS) en cas de situation de handicap.
Quand et pourquoi consulter ?
Rester à la maison avec un certificat de non-scolarisation ou se tourner vers l’enseignement à distance est présenté comme étant souvent une « fausse bonne idée ». En cas de refus scolaire anxieux, il est préférable de consulter le médecin traitant ou un Centre Médico-Psychologique (CMP).
L’accompagnement repose également sur une collaboration avec l’équipe éducative et l’infirmière scolaire ainsi que sur la mise en place d’aménagements permettant une réintégration progressive de l’élève.