Soins sous contrainte

Après évaluation médicale, une hospitalisation sans consentement peut être décidée lorsque l’état de santé impose des soins immédiats et une surveillance adaptée. Cette prise en charge s’exerce dans un cadre légal strict, avec des droits garantis et des contrôles médicaux et judiciaires.
Un soignant montre de la compassion envers un patient en lui tenant les mains.

Les différentes modalités d’admission

Les soins sous contrainte concernent les situations dans lesquelles le patient ne consent pas aux soins alors que des troubles mentaux nécessitent une prise en charge médicale.

La loi prévoit plusieurs modalités d’admission, selon les circonstances et le niveau d’urgence.

Soins à la demande d’un tiers (SDT)

L’admission en soins à la demande d’un tiers (SDT) est prononcée par la directrice de l’établissement.

Deux conditions sont requises :

  • une demande de soins manuscrite, datée et signée par le tiers,
  • deux certificats médicaux datant de moins de 15 jours.

Le premier certificat doit être établi par un médecin extérieur à l’établissement et doit constater les troubles du comportement. Le second certificat médical doit confirmer ce premier constat. Il peut être établi par un médecin exerçant dans l’établissement.

Soins à la demande d’un tiers en urgence (SDTU)

En situation d’urgence, lorsqu’un risque grave pour la santé du patient est médicalement constaté, une admission en SDTU peut être prononcée.

Elle repose sur une demande de soins accompagnée d’un certificat médical, pouvant être établi par un médecin de l’établissement.

Deux conditions doivent être réunies :

  • l’impossibilité pour la personne de consentir aux soins,
  • la nécessité de soins immédiats assortis soit d’une surveillance constante en milieu hospitalier, soit d’une surveillance médicale régulière en ambulatoire.

Soins en cas de Péril Imminent (SPI)

Lorsque l’obtention d’une demande de tiers est impossible et qu’il existe un péril imminent pour la santé de la personne, une admission en soins en cas de péril imminent (SPI) peut être prononcée.

Cette admission repose sur un seul certificat médical, établi par un médecin extérieur à l’établissement.

Modalités de prise en charge

Selon la situation clinique, la prise en charge peut s’effectuer :

  • en hospitalisation à temps complet,
  • ou en ambulatoire, avec un programme de soins proposé par le médecin après recueil de l’avis du patient.

Les autorisations de sortie

Des autorisations de sortie peuvent être accordées pour des motifs thérapeutiques ou administratifs.

Les sorties peuvent être :

  • accompagnées, pour une durée maximale de 12 heures,
  • non accompagnées, pour une durée maximale de 48 heures.

L’autorisation est accordée par la directrice de l’établissement après avis médical favorable (sauf pour les SDRE).

La levée de la mesure de soins sans consentement

La mesure peut être levée :

  • sur proposition du psychiatre,
  • à la demande du tiers (sauf en cas de péril imminent),
  • à la demande de la Commission Départementale des Soins Psychiatriques,
  • par le Juge des Libertés et de la Détention (JLD),
  • par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué.

Soins sur Décision du Représentant de l’État (SDRE)

Les soins sur décision du représentant de l’État (SDRE) concernent les situations dans lesquelles les troubles mentaux compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l’ordre public.

Conditions de mise en œuvre

Les conditions cumulatives sont :

  • la présence de troubles mentaux,
  • la nécessité de soins avec surveillance médicale,
  • une atteinte grave à la sûreté des personnes ou à l’ordre public.

Les SDRE sont prononcés par le Préfet ou le Maire, sur la base d’un certificat médical.

Dans les 24 heures suivant l’admission, un certificat établi par un psychiatre de l’établissement est transmis au Préfet pour confirmer ou non le maintien des soins.

Le patient est réévalué médicalement dans les 24 heures puis avant 72 heures.

Lorsque l’admission est décidée par le Maire, le maintien des soins doit être confirmé par le Préfet dans les 48 heures.

Modalités de prise en charge en SDRE

La prise en charge peut être :

  • en hospitalisation à temps complet,
  • ou en ambulatoire, avec un programme de soins validé par le représentant de l’État.

Autorisations de sortie en SDRE

Les sorties peuvent être :

  • accompagnées (12 heures maximum),
  • non accompagnées (48 heures maximum).

Elles sont autorisées par le Préfet, qui doit être informé au moins 48 heures à l’avance.

La levée des SDRE

La levée est prononcée :

  • par le Préfet sur proposition médicale,
  • par le Juge des Libertés et de la Détention,
  • par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué,
  • par la Commission Départementale des Soins Psychiatriques.

Garanties légales et voies de recours

Quel que soit le mode de soins sous contrainte (SDT, SDTU, SPI ou SDRE), vous pouvez exercer vos droits.

Vous pouvez communiquer avec :

  • le Préfet de Meurthe-et-Moselle,
  • le Président du Tribunal Judiciaire,
  • le Procureur de la République,
  • le Maire de Laxou.

Vous pouvez également :

  • saisir la Commission des Usagers (CDU),
  • saisir le Juge des Libertés et de la Détention,
  • consulter un médecin ou un avocat de votre choix,
  • accéder aux consultations juridiques proposées par l’établissement,
  • saisir le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté,
  • saisir la Commission Départementale des Soins Psychiatriques.

Le Centre Psychothérapeutique de Nancy répond à toutes vos questions

Trouvez toutes les réponses aux questions que vous vous posez sur les soins sous contrainte.

Il peut s’agir d’un membre de la famille, d’une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci. Les personnels soignants exerçant dans l’établissement ne peuvent pas agir comme tiers.

Le tiers demandeur de soins psychiatriques n’est pas désigné par le patient, contrairement à la personne de confiance (pouvant être un parent, un proche ou son médecin traitant, par exemple) qui est choisie par le patient.

Dans ce dernier cas, l’établissement doit rechercher et informer, dans les 24 heures, sauf difficultés particulières, les membres de la famille, la personne chargée de la protection juridique ou toute personne justifiant de l’existence de relations antérieures, lui donnant ainsi qualité pour agir dans l’intérêt du patient.

  • Le Préfet du Département
    Préfecture de Meurthe et Moselle
    1 rue du Préfet Claude Erignac
    CS 60031
    54038 NANCY Cedex
  • Le Président du Tribunal de Grande Instance
    Cité Judiciaire
    Rue du Général Fabvier
    CO 27
    54035 NANCY
  • Le Procureur de la République
    Cité Judiciaire
    Rue du Général Fabvier
    CO 27
    54035 NANCY
  • Le Maire de Laxou
    Hôtel de Ville
    3 Avenue Paul Déroulède
    BP 80049
    54526 LAXOU Cedex
  • Le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) du Tribunal de Grande Instance
    Cité Judiciaire
    Rue du Général Fabvier
    CO 27
    54035 NANCY
  • Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté
    BP 10301 – 75921 Paris Cedex 19
    Tel : 01 53 38 47 80
    www.cglpl.fr
  • Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté
    BP 10301
    75921 Paris Cedex 19
    Tel : 01 53 38 47 80
    www.cglpl.fr
  • Commission Départementale des Soins Psychiatriques
    3 bd Joffre
    Bureau 014
    CS 80071
    54036 Nancy cedex
personnel de santé epsytera